Le Dassault Rafale, est un avion militaire français multirôles de 4e génération, conçu et produit par les Avions Marcel Dassault-Bréguet Aviation (AMD-BA, aujourd'hui Dassault Aviation). Cet ambitieux programme d'uniformisation des Armées françaises vise, à l'horizon 2025-2030, à remplacer les 5 types d'aéronefs en service dans l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises.
Il est peu probable qu'un avion piloté de 5e génération 100 % français lui succède.
Sommaire [masquer]
1 Historique
1.1 La valse-hésitation de l'avion de combat lourd français (1963-1975)
1.1.1 L'intercepteur privilégié (1963-1973)
1.1.2 Le baroud d'honneur des Mirage F2 et G (1964-1972)
1.1.3 Les vicissitudes du programme français ACF (1972-1975)
1.2 Une coopération européenne ? (1977-1985)
1.2.1 Des besoins différents mais encore compatibles (1977-1979)
1.2.2 Trois démonstrateurs pour chaque pays (1980-1982)
1.2.3 La mésentente cordiale (1982-1985)
2 Études
2.1 Le démonstrateur franco-français Rafale A (1986-1994)
2.1.1 La Marine nationale française préfère le F/A-18 (1987)
2.1.2 Le Rafale A néanmoins retenu (1989)
3 Développement
3.1 Lancement du programme (1988)
3.2 Les prototypes (1991-1993)
3.2.1 Le prototype Rafale C 01 Air
3.2.2 Les prototypes Rafale M 01 et M 02 Marine
3.2.3 Le prototype Rafale B 01 Air
4 Spécifications
4.1 Cellule
4.2 Armement
4.2.1 Armement air-air
4.2.2 Armement air-sol
4.2.3 Armement air-mer
4.2.4 Carburant
4.2.5 Divers
4.3 Système d'armes
5 Commandes
6 Engagements
7 Accidents
8 Export
9 Améliorations possibles ou envisagées
10 Faits et chiffres, engagements
11 Notes et références
12 Voir aussi
13 Liens externes
Historique [modifier]
La valse-hésitation de l'avion de combat lourd français (1963-1975) [modifier]
L'Armée de l'air et, dans une moindre mesure, la Marine nationale françaises ont toujours rêvé d'acquérir un avion de combat lourd biréacteur. Au cours des années 1963-1979, Dassault-Bréguet (aujourd'hui Dassault Aviation), le seul constructeur aéronautique français, réalise plusieurs prototypes répondant aux souhaits versatiles de l'État-major[1]. « Contrairement à une opinion répandue », estime l'historien Claude Carlier, universitaire à la Sorbonne et président d'un think tank, l'Institut d'histoire des conflits contemporains (IHCC)[2], « il n'apparaît pas que l'État-major ait commandé des prototypes pour faire seulement tourner les bureaux d'études. Il a, au contraire, systématiquement envisagé une fabrication en série d'appareils dont il comptait bien s'équiper. Toutefois, il faut remarquer que tous les appareils commandés sur son initiative ont été abandonnés [...], généralement pour des motifs financiers, alors que certains étaient réussis technologiquement. »
Les dirigeants français ne sont pas exempts de reproches lorsqu'ils reportent les commandes à cause du contexte électoral, économique ou social, comme on le verra plus bas. « D'un autre côté, les hommes politiques ne savent plus qui croire lors des changements à la tête des armées quand des demandes contradictoires leur sont présentées. En effet, aux divers changements de chefs d'État-major[3] correspond souvent une nouvelle conception des missions. Une nouvelle fois, les programmes à l'étude ou en expérimentation sont soit modifiés, soit purement et simplement annulés ».[4]
D'autres experts, comme Pierre Marion, ancien directeur du service de renseignements extérieur français, pointent du doigt « les connivences qui se créent entre firmes d'une part, ingénieurs d'État et officiers d'autre part [et qui] constituent un réseau occulte détournant les processus de décision ».[5]
L'intercepteur privilégié (1963-1973) [modifier]
Ainsi, en 1963, pour l'Armée de l'air française[6], il s'agit de posséder un avion d'interception monoplace biréacteur de pénétration à basse altitude tous temps, capable d'interceptions à vitesse supersonique et apte à s'affranchir des longues pistes bétonnées vulnérables aux attaques des avions du Pacte de Varsovie. Avec une vitesse d'approche inférieure à 140 n½uds (260 km/h), le prototype Mirage F2 à aile fixe en flèche[7], lancé au cas où les prototypes Mirage Balzac V et Mirage IIIV à décollage et atterrissage verticaux (ADAV) développés en 1960 ne donneraient pas satisfaction, répond à ces spécifications. Ce chasseur de moyen tonnage (9,5 t à vide, 18 t à pleine charge) effectue son 1er vol le 12 juin 1966 avant d'être préféré en 1973 au plus léger Mirage F1 développé sur fonds propres par Dassault-Bréguet et qui devait être équipé du nouveau réacteur Snecma M53.[8]
Le baroud d'honneur des Mirage F2 et G (1964-1972) [modifier]
Les demandes changent à nouveau en 1964. Pour l'Armée de l'air, la Marine nationale françaises, voire la Royal Air Force[9], il s'agit d'acquérir un appareil à géométrie variable, technologie alors à la mode (voir par exemple le F-111 américain). Dérivé du Mirage F2, le Mirage G4 biréacteur (Snecma Atar 9 K 50 ou Pratt & Whitney/Snecma TF-306[10]) est multirôle puisqu'il est destiné à des missions de reconnaissance, d'attaque et de guerre électronique lointaine (RAGEL) soit, sous-entendu, de bombardement stratégique nucléaire ou d'escorte des Mirage IV. Il effectue son 1er vol le 18 mars 1967 avant d'être abandonné l'année suivante[11].
En 1970, l'État-major modifie une nouvelle fois ses demandes au profit d'un avion d'interception biréacteur moins performant, le Mirage G8, qui effectue son 1er vol le 8 mai 1971 (biplace) puis le 13 juillet 1972 (monoplace). En mai 1972, s'apercevant que la flèche variable n'est intéressante que pour les missions de pénétration à basse altitude, ce dernier abandonne le programme et rédige la fiche programme de l'Avion de combat du futur (ACF).
En 1970, la Cour des comptes avait estimé à 2,3 milliards de francs sur 10 ans le coût de l'annulation successive des différents programmes.[12]
Les vicissitudes du programme français ACF (1972-1975) [modifier]
L'ACF de supériorité aérienne multirôle est destiné à assurer à l'horizon 1990 la succession du Mirage III, du Mirage F1, du Mirage IV et du Jaguar, dont la version navalisée n'a pas convaincu[13] pour remplacer les F-8(FN)Crusader.
L'ACF offre le choix entre deux projets à aile delta, entrées d'air semi-circulaire, commandes de vol électriques et utilisation de matériaux composites (carbone) : le monoréacteur Mirage 2000[14] et le biréacteur lourd Super Mirage 4000, équivalent au F-15 Eagle et qui possède des plans canard et a cette fois-ci clairement la préférence de l'État-major.
En juin 1975, la construction des prototypes, pourtant quasiment achevée, est stoppée devant l'ampleur financière du programme ACF. En juillet, l'État-major demande le retour à la supériorité aérienne, donc à un avion d'interception[15] doté d'un radar simplifié. En décembre, le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing[16] décide de financer le Mirage 2000 et laisse à l'avionneur le soin de développer sur fonds propres en vue d'exportations[17] le Super Mirage 4000 avec l'aide des équipementiers, l'État « prêtant » parcimonieusement les réacteurs. Le premier effectue son vol d'essai le 10 mars 1978, le second le 9 mars 1979, tous deux motorisés par le Snecma M53.
Une coopération européenne ? (1977-1985) [modifier]
En décembre 1977, l'Armée de l'air demande à la Direction des constructions aéronautiques du ministère de la Défense français de conduire une réflexion sur un Avion de combat tactique (ACT) éventuellement construit en coopération. Huit années (1977-1985) sont nécessaires à la France, à la RFA et au Royaume-Uni pour s'entendre sur des besoins communs, sur un calendrier et sur la configuration technique de l'avion de combat européen.[18]
Des besoins différents mais encore compatibles (1977-1979) [modifier]
Dès 1977, les industriels AMD-BA et Dornier, qui avaient collaboré sur l'avion de patrouille maritime Bréguet Atlantic comme sur l'avion d'entraînement Alpha Jet, s'entendent sur une future coopération, toutefois sans appui de leurs gouvernements respectifs. Finalement, des discussions tripartites à plus haut niveau s'engagent sur les besoins : un chasseur-bombardier pour la France, un intercepteur destiné à succéder aux F-4 pour la RFA et le Royaume-Uni. Rapidement, ce dernier, qui a décidé le développement d'une version d'interception à long rayon d'action (Air Defense Version) du Tornado pour remplacer ses Jaguar, semble se rapprocher des vues françaises. AMD-BA obtient un premier marché d'étude le 30 octobre 1978 pour l'étude d'un appareil de défense aérienne et d'attaque destiné à l'Armée de l'air puis un second pour un appareil destiné à la Marine nationale française, l'Avion de combat marine (ACM) le 22 décembre 1978. A partir de cette date, l'ONERA étudie en soufflerie la manoeuvrabilité et l'aérodynamique du « projet Rapace ». Les études françaises comme bipartites (European Combat Fighter) se poursuivent pour aboutir à la suite d'un colloque d'octobre 1979 à Bruxelles, au choix par les aviations militaires d'Europe de l'Ouest et les industriels (AMD-BA, MBB, British Aerospace) d'un biréacteur multirôle à aile delta, équipé de plans canard et de commandes électriques, d'une vitesse de Mach 2, d'un plafond de 15 000 mètres.... et devant être disponible en 1992.
Trois démonstrateurs pour chaque pays (1980-1982) [modifier]
Cependant, des divergences se font déjà jour sur la masse de l'appareil, sa motorisation et, dans une moindre mesure, son avionique :
pour la France, un appareil de 8,5 tonnes propulsé par 2 Snecma M88 ;
pour la RFA, un appareil de 9 tonnes propulsé par 2 General Electric F404 ;
pour le Royaume-Uni, un appareil de 12,5 tonnes compensant son éloignement du champ de bataille continental et propulsé par 2 Turbo-Union RB-199.
Ainsi, trois maquettes 1/1 statiques sont présentées aux salons aéronautiques :
l'Avion de combat tactique-92 (ACT 92) de AMD-BA, l'un à aile haute et double dérive, l'autre à aile basse en double flèche et plans canard (au design proche du Mirage 4000) au 13e salon IFA de Hanovre de 1980 ;
le Taktisches Kampf Flugzeug-90 (TFK-90) de MBB, avion d'interception à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au 13e salon IFA de Hanovre de 1980 ;
l'Agile Combat Aircraft (ACA), dérivé des études P.106 et P.110 (au design proche du F-15), à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au salon de Farnborough de 1982.
La mésentente cordiale (1982-1985) [modifier]
En septembre 1982, lors du salon de Farnborough, le ministère de la Défense britannique annonce qu'il « aiderait » à financer le programme ACA et invite les autres partenaires européens à se joindre à lui en vue de la construction d'un démonstrateur Experimental Aircraft Program (EAP). Le 12 décembre 1982, le ministre de la défense français Charles Hernu annonce à l'Assemblée nationale française que « la France construira seule si nécessaire l'ACX [ex-ACT-92, ndlr] », dont les études sont lancées, et fait la même proposition aux industriels européens. En fait, chacun cherche à rallier la RFA à son propre programme à la faveur des liens tissés avec MBB.
1983 voit les lancements officiels de l'Avion de Combat eXpérimental (ACX) français (le 13 avril) et de l'EAP britannique (en mai), qui intègre les études du TFK-90 allemand. Le cahier des charges des deux prototypes répond aux spécifications de 1979 avec une utilisation intensive de matériaux composites tels les fibres de carbone (Carbon Fibre Composite), le titane (Super Plastic Forming-Diffusion Bonded), plus, pour l'ACX, de fibres d'aramide (Kevlar) et l'alliage aluminium-lithium pour l'ACX. L'ACX possède, en outre, l'expérience de AMD-BA en matière de commandes de vol électriques « pleine autorité » qu'il est le premier à développer en Europe de 1975 (Mirage 2000) à 1986, date du vol d'essai de l'ACX.
Néanmoins, la coopération -« de façade » pronostiquent certains- est toujours de mise avec la signature de deux protocoles d'accord, le 1er en décembre 1983[19], le 2e en octobre 1984[20] où l'on discerne que l'unanimité est battue en brêche par les exigences inconciliables de ce club des 5 (France, RFA, Royaume-Uni, Italie et Espagne), qui reconstitue le groupement Panavia. Pour surmonter les dissentions, et alors que AMD-BA plaide pour un maitre d'½uvre unique [lui en l'occurrence, ndlr], la partie britannique veut bien, à ce que l'on en sait, lui abandonner la conception de la cellule à condition que Turbo-Union obtienne celle du moteur, le RB-199 du Tornado ou, éventuellement, d'un dérivé. Hélas, dès septembre 1983, Snecma a développé un nouveau réacteur, le M88[21] et il est exclu pour la France, à la fois de confiner la société aux moteurs civils (tels le CFM56) ou d'envisager deux motorisations pour l'EFA. En août 1985, le ministre de la Défense français Charles Hernu annonce au sommet de Turin le retrait de la France du programme EFA, aidé en cela par les déclarations d'un énième chef d'État-major de l'Armée de l'air française en faveur d'un avion de moins de 9 tonnes[22] et celles de AMD-BA, qui n'en finit pas d'égréner le leitmotive voulant que la coopération sans maître d'½uvre unique, signifie l'étouffement de l'industrie aéronautique française.
Études [modifier]
Le démonstrateur franco-français Rafale A (1986-1994) [modifier]
Le démonstrateur Rafale ALe démonstrateur de l'ACX, dénommé Rafale A,[23] et construit en moins d'un an et demi, est présenté le 13 décembre 1985 à Saint-Cloud en présence de Marcel Dassault.[24]
Le Rafale A effectue son premier vol le 4 juillet 1986 au centre d'essais de la DGA sur la Base aérienne 125 Istres-Le tubé avec 2 réacteurs General Electric F404. Devant être multirôle et embarqué sur porte-avion, il doit être capable d'évoluer à haute altitude comme en suivi de terrain. Par rapport à l'ACX, le démonstrateur est équipé d'une aile en double delta semi-basse, d'une dérive plus haute, d'entrées d'air semi-ventrales sans les « souris » des Mirage III, 2000 et 4000, de plans canard placés en arrière du cockpit pour une meilleure visibilité du pilote. Cette combinaison de plans canard actifs (qui font office de gouverne de profondeur) et de l'aile permet à la fois un rapport portance/trainée et une incidence (l'angle sous lequel le vent vient frapper le profil) élevées. Sa première présentation en vol a lieu au salon du Bourget, le 13 juin 1991. Il est retiré du service à l'issue de son 42e vol.
La Marine nationale française préfère le F/A-18 (1987) [modifier]
En février 1987, le président de la République française François Mitterrand annonce le lancement d'un avion opérationnel dérivé du Rafale A, puis en juin, au salon du Bourget, précise qu'il équipera l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises. Cette dernière ne veut apparemment pas du Rafale M qui arrivera trop tard pour remplacer ses F-8(FN)Crusader datant de 1964[25] et étudie la transformation, qui se serait révélée peu fiable, de quelques Super Étendard d'attaque datant de 10 ans (mais dont les études remontent à 1953) en avions d'interception. En dépit de 7 appontages simulés du Rafale A sur le Clémenceau le 30 avril 1987, de 85 autres sur le Foch du 4 au 8 juillet 1988, de 124 appontages simulés sur la BA 125 à Istres et 160 sur la BAN Nîmes-Garons[26], sa préférence va cependant à la location ou l'achat « sur étagère » d'une trentaine de F/A 18 Hornet d'occasion qui ont fait leurs preuves sur les porte-avions américains[27]. En 1988, à la suite d'un rapport de l'Assemblée nationale française, les critiques de la presse sur « le gouffre à milliards » ou le « Mirage du Rafale » puis la sortie du Premier ministre français Michel Rocard sur le « sinistre industriel »[28], les industriels sont enjoints de participer à hauteur de 25 % aux frais de développement, soit 40 milliards de francs[29], qu'ils devraient récupérer à moyen terme à l'export. Une décision de retrait de la Marine nationale du programme, qu'elle finance à hauteur de 20 %, aurait vraisemblablement été catastrophique pour les industriels du GIE Avion de Combat Européen (ACE) et la R&D française, comme le précise un nouveau rapport de de l'Assemblée nationale française : la Marine a essayé « à tout prix [de] disposer d'un avion spécifique et surtout différent de celui de l'Armée de l'air. Ces errements passés avaient été poussés jusqu'à l'absurde à la fin des années 1980, avec la proposition d'achat des F-18 pour le porte-avions au risque d'affaiblir l'outil de souveraineté, la cohérence du dispositif aérien et l'industrie aéronautique française »[30]. Après que Marcel Dassault se fâche, il est décidé une prolongation de 17 Crusader pour 800 millions de francs[31] et la transformation de 71 Super Etendard en version modernisée (SEM) pour un montant inconnu. En 1990, au moment de la guerre du Golfe, même le président de la République française François Mitterrand aurait regretté ce choix : « Je reconnais que j'ai commis une grave erreur [...]. J'aurais dû opter pour le F-18. Aujourd'hui, je préconiserais l'achat d'appareils américains, même si cela devait déplaire à monsieur [Serge, ndlr] Dassault ».[32]
Le Rafale A néanmoins retenu (1989) [modifier]
Le démonstrateur Rafale A, après avoir passé Mach 2 sur General Electric F404 au cours de son 93e vol (le 4 mars 1987), simulé des appontages sur le Clémenceau (le 30 avril 1987) à vitesse minimale, effectué un 460e vol avec un réacteur F404 à gauche et un Snecma M88 à droite (27 février 1990) est retiré des essais après 867 vols (le 24 janvier 1994).
Développement [modifier]
Lancement du programme (1988) [modifier]
Le lancement du programme a lieu le 26 janvier 1988 par un comité interministériel tandis que le contrat de développement est signé le 21 avril 1988. A cette date, AMD-BA (avec 4 prototypes), la Snecma (le réacteur M88-2), Thomson-CSF (le radar RBE2, un nouveau système de contre-mesures SPECTRA) et Dassault Systèmes passent en phase de réalisation des matériels de pré-série.
Les prototypes (1991-1993) [modifier]
Le démonstrateur Rafale A donne naissance à 4 prototypes : le Rafale C 01 (le C 02 est annulé à l'automne 1991), monoplace destiné à l'Armée de l'air française, commandé le 21 avril 1988 et dont le 1er vol se déroule le 19 mai 1991 ; les Rafale M 01 et M 02, monoplaces destinés à la Marine nationale française, commandés le 6 décembre 1988 et dont le 1er vol se déroule le 12 décembre 1991 ; le Rafale B 01 (le Rafale N destiné à la Marine nationale française est annulé le 22 septembre 2004), biplace destiné à l'Armée de l'air française, dont le 1er vol se déroule le 30 avril 1993.
Le prototype Rafale C 01 Air [modifier]
La compacité et les améliorations aérodynamiques par rapport au démonstrateur Rafale A sont visibles sur ce prototype destiné à l'Armée de l'air française, le Rafale C 01Le Rafale C 01, qui arbore une livrée noire suggérant la furtivité, est quelque peu différent du démonstrateur Rafale A. La compacité du réacteur M88 par rapport au F404 permet tout d'abord d'alléger le prototype d'une tonne (8,5 contre 9,5 tonnes) en réduisant sa longueur d'un mètre, son envergure de 1,15 mètre et sa surface alaire de 2 m². Au niveau de l'aérodynamisme, la voilure est elle même simplifiée, revenant à l'aile delta simple de l'ACX, prolongée par un apex (le point le plus éloigné d'un triangle) vers les entrées d'air. L'empennage est raccourci et sa jonction avec le fuselage est revue, déplaçant l'entrée d'air auxiliaire du pied de l'empennage (typique du Tornado et du Typhoon) vers la canopée. En vue de l'intégration du système de guerre électronique SPECTRA, il est muni à la façon des Mirage 2000 d'un ballonnet tandis que les plans canard sont modifiés et servent d'aérofreins. La pointe avant est plus large, afin d'y loger le radar RBE2, mais surtout inclinée vers le bas pour faciliter la visibilité lors des appontages. Enfin, l'espace entre les réacteurs est élargi.
Les prototypes Rafale M 01 et M 02 Marine [modifier]
Le train avant des Rafale M 01 et M 02 est renforcé. La barre de catapultage est clairement visible, ici en position décollageLes Rafale M 01 et M 02 présentent une livrée grise et sont identiques à 90 % au Rafale C 01. Ainsi, ils conservent l'aile fixe du Rafale C 01, contrairement aux traditions de l'aviation navale française qui met alors en service des aéronefs aux extrémités d'aile repliables.
Les trains d'atterrissage principaux Messier-Dowty sont renforcés pour absorber une énergie verticale d'appontage correspondant à une vitesse de 6,5 mètres par seconde (soit 23,4 km/h). Pour l'envol à partir d'un porte-avions, le choix d'une barre de catapultage à la place des élingues accrochées au fuselage oblige à renforcer également le caisson du train avant (en titane et acier haute résistance), plus sollicité. Son amortisseur est doté d'un dispositif dit « jump strut » qui permet d'emmaganiser de l'énergie lors du catapultage et de la restituer en bout de pont d'envol. La technologie du train d'atterrissage avant (à laquelle s'ajoute des astuces comme la rotation à 360° des roues à l'arrêt ou de +/- 75° lors de la rentrée) et son encombrement obligent à réduire les points d'emport d'armement de 14 à 13 par rapport au C 01.
Les Rafale M 01 et M 02 sont, en outre, dotés d'une crosse d'appontage plus lourde que celle utilisée pour les atterrissages d'urgence du Rafale C 01, d'une échelle télescopique repliable dans le fuselage, de deux batteries au lieu d'une et, en bout de dérive, du système inertiel infra-rouge (hybridé GPS) d'alignement à la mer TELEMIR de Sagem Défense Sécurité.
Le prototype Rafale B 01 Air [modifier]
Spécifications [modifier]
Cellule [modifier]
Le Rafale est un avion semi-furtif. Il est doté d'ailes delta à flèche complexe et de plans canards actifs. Il dispose d'un système de commandes de vol électriques à plusieurs niveaux de redondance (trois chaînes numériques pouvant être secourues par deux chaînes analogiques, le tout alimenté par différentes sources électriques).
Sa construction fait largement appel aux matériaux composites tels que la fibre de carbone et de kevlar ainsi que des alliages aluminium-lithium. Ses bords d'attaque sont composés de titane. Il est équipé de deux turboréacteurs M88-2 E4 de SNECMA qui fournissent jusqu'à 2 x 75 kN de poussée lorsque la post-combustion est activée.
Équipé de réservoirs externes, le Rafale peut contenir jusqu'à 12 000 litres de pétrole et peut être ravitaillé en vol.
Armement [modifier]
Le canon Nexter 30 M791 du RafaleL'armement de base du Rafale est constitué d'un canon Nexter DEFA 30 M791 de 30 mm, placé sous l'apex de l'aile droite (125 obus emportés, cadence de tir de 2 500 obus/minute). Bien que gardant la dénomination DEFA[33], ce canon est très différent de ceux qui équipent les avions français depuis les années 1950.
Le Rafale est muni de 14 points d'emport externes (13 pour la version marine) lui donnant une capacité d'emport maximale de 9 500 kg. Il est capable d'emporter une large gamme d'armements, déjà testés ou en service. [34]
Armement air-air [modifier]
Ce Rafale Air présente, de gauche à droite, un missile MICA en bout d'aile, un missile de croisière SCALP-EG, 3 bombes guidées AASM, un réservoir externe et un pod de désignation laser Damoclesles missiles MBDA MICA (Missile d'Interception de Combat et d'Autodefense) tire et oublie (Fire And Forget) à moyenne portée ou d'autodéfense à courte portée, guidage électromagnétique ou infrarouge de 3e génération d'une portée maximum de 80 km. Peut être utilisé avec 4 modes de tir : LAM longue portée, longue portée sans LAM, courte portée avec autodirecteur accroché sur la cible avant départ ou après la départ avec un fort dépointage sur coordonnées L16 (ennemi dans les 6 heures) ;
le missile MBDA METEOR à longue portée, guidage inertiel et radar de 3e génération et doté d'un statoréacteur, d'une portée de l'ordre de 120 km et possédant un très grand NEZ (No-Escape Zone). Il devrait entrer en service en 2012.
Armement air-sol [modifier]
la bombe lisse MBDA Durandal ;
la bombe guidée laser Raytheon Paveway ;
la bombe guidée Sagem Défense Sécurité AASM ;
la bombe guidée laser MBDA BGL 1000 ;
le missile MBDA Apache doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 ;
le missile de croisière MBDA SCALP-EG, dérivé du précédent, à moyenne portée, guidage inertiel et infra-rouge autonome, doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 et d'une charge « broach » de 400 kg ;
le missile préstratégique EADS ASMP-A à moyenne portée, guidage inertiel, doté d'un statoréacteur et armé d'une nouvelle tête nucléaire, la TNA.
Armement air-mer [modifier]
le missile MBDA tire et oublie (Fire And Forget) Exocet AM39 B2 à moyenne portée, guidage inertiel et radar ;
Carburant [modifier]
de 1 à 3 réservoirs externes de 1 250 litres chacun ;
de 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun ;
les réservoirs conformes, de 1 150 litres (spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite) afin d'allonger son rayon d'action pour les missions de pénétration notamment. Cependant, ces réservoirs ne sont pas largables en vol, ce qui peut entraîner une gène lors d'un engagement, au cours duquel la man½uvrabilité est essentiel ;
la nacelle de ravitaillement Douglas d'un débit de 750 litres/minute à partir des réservoirs internes du Rafale permet de le gréer rapidement en « buddy-to-buddy » (ou « nounou »), apte à ravitailler un congénère Air ou Marine, tous dotés de série d'une perche de ravitaillement en vol (amovible).
Pour les missions "nounou" la marine utilise parfois des configurations a 4 réservoires externes
Divers [modifier]
la nacelle de reconnaissance Thales Reco NG de basse à haute altitude fonctionnant en visible ou en infrarouge permettant la visualisation par les pilotes d'objectifs hors de portée visuelle (Beyond Visual Range).
Système d'armes [modifier]
Un biplace et un monoplace de la 7e Escadre de ChasseLe pilote dispose des dernières technologies, et l'ergonomie des commandes a été entièrement revue :
Les écrans classiques ont été remplacés par des écrans tactiles
Les informations essentielles au vol s'affichent sur un viseur tête haute (HUD, Head Up Display)
Les commandes (manette des gaz et manche), placées sur les côtés pour dégager la vue du pilote et lui permettre de se concentrer sur ses informations visuelles et électroniques, répondent au standard HOTAS (Hands On Throttle And Stick).
"L'interface homme-machine" (IHM) dispose d'un viseur de casque (viseur-visuel « Topsight » développé en coopération par Sextant Avionique et Intertechnique) et d'une commande vocale.
Le système d'arme du Rafale est défini par des lots de fonctionnalités appelées « standard ». Trois standards ont été définis pour l'armée française, avec des évolutions pour une version destinée à l'export :
Le standard F1, mis en service en 2001 pour la Marine Nationale, correspond à des missions de défense aérienne (missiles air-air + canon)
Le standard F2, mis en service en 2005, donne en plus au Rafale des capacités d'attaque au sol, mais l'Air-Air bénéficie de l'ajout de nouveaux capteurs en plus du radar,
Le standard F3 permettra la lutte anti-navire, la reconnaissance et la frappe nucléaire. Il sera équipé de deux moteur M88-3 SNECMA de 9 tonnes de poussée chacun.
Le radar de bord RBE2, conçu par Thales permet de suivre plusieurs cibles simultanément grâce à son antenne électronique passive qui n'est plus limitée par la vitesse du balayage mécanique. Il est capable par ailleurs, de façon exclusive, de dessiner une carte du terrain au sol dans un rayon de 10 km, que l'équipage peut utiliser pour du suivi de terrain.
SPECTRA (Consortium de Thales et MBDA), le système d'auto-protection du Rafale, est complètement intégré et informe l'équipage sur la conduite à tenir en cas de menace air-air ou sol-air.
Le Rafale est également équipé (à partir du standard F2) d'un OSF (Optronique Secteur Frontal). Cet équipement réalisé conjointement par Thales et Sagem permet des poursuites visuelles et infra-rouge de pistes air-air ou air-sol grâce à ses deux têtes ; il est de plus interchangeable entre avions Rafale, ce qui diminue encore les coûts.
La liaison de donnée tactique OTAN L16, intégrée à partir du standard F2, permet au Rafale d'échanger des informations tactiques avec ses équipiers et d'autres acteurs du théâtre d'opération (un avion radar AWACS par exemple).
Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN, comme actuellement en Afghanistan.
Le Rafale est doté d'une fusion de donnée, conçue par Dassault et complètement intégrée au système d'arme. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, PPLI, pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement C2) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA).
La fusion de donnée fournit une information synthétique et fiable au pilote et aux conduites de tir. Elle permet ainsi d'élargir les capacités des conduites de tir (tir air-air sur piste désignée par un autre Rafale par exemple).
La première flottille de Rafale, la 12F de l'aéronavale de la Marine Nationale, est officiellement opérationnelle depuis 2004. Mais dès le mois de décembre 2001, elle entamait sa première croisière opérationnelle à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
La première unité opérationnelle de Armée de l'Air, l'escadron de chasse 1/7 "Provence" sur Rafale a été créée le 27 juin 2006 sur la Base Aérienne de Saint-Dizier (BA 113), après une expérimentation à Mont-de-Marsan (BA 118).
L'électronique de bord est en rapide évolution. La génération qui équipe chaque appareil est mentionnée suivant la dernière mise à niveau (voir plus bas).
Commandes [modifier]
Un total de 294 Rafale est prévu pour les armées françaises : 60 pour la Marine Nationale et 234 pour l'Armée de l'Air (dont 95 monoplaces et 139 biplaces).[35]
Avant 2002 2002 2003 2004 2005 2006 Après 2006 Total
Rafale Air Commandes 36 0 0 46 0 0 152 234
Livraisons 2 1 1 3 11 12 205
Rafale Marine Commandes 25 0 0 13 0 0 22 60
Livraisons 9 1 0 0 0 2 48
Engagements [modifier]
Du 9 au 19 juin 2002, en pleine crise entre l'Inde et le Pakistan, les Rafales embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle effectuèrent au large des côtes indo-pakistanaises leurs premières missions réelles de combat air patrol armés de missiles air-air, en collaboration avec des F-14 et F-18 de l'US Navy.
Trois Rafales de l'armée de l'air basés à Dushanbe au Tadjikistan et trois autres de la marine déployés à bord du Charles de Gaulle ont débuté des opérations de soutien aux forces en Afghanistan en mars 2007[36]. Ces appareils ont été modifiés en urgence pour pouvoir larguer ces bombes à guidage laser, ce qui n'était pas prévu dans la version "F2". Toutefois ils ne sont pas autonomes et doivent compter sur les Mirage 2000 ou les Super-Étendard pour "illuminer" la cible. Le 28 mars 2007, un Rafale a largué une bombe GBU12 (bombe à guidage laser de fabrication américaine) à la demande des troupes néerlandaises[37].
Accidents [modifier]
Cet article ou cette section traite d'un événement récent (6 décembre 2007).
Le texte peut changer fréquemment, et n'est peut-être pas à jour. N'hésitez pas à participer et à citer vos sources.
Le 6 décembre 2007, un Rafale biplace ayant décollé de la base militaire de Saint-Dizier (Haute-Marne) s'est écrasé à très grande vitesse vers 18h20 dans une zone boisée de la commune de Neuvic (Corrèze), lors d'un vol d'entrainement d'une patrouille d'avions de l'Escadron de chasse 1/7 Provence[38]. Il n'y avait qu'un seul pilote à bord, le capitaine Emmanuel Moriuser, qui ne s'est pas éjecté. De même, les causes du crash sont encore obscures : l'avion (non armé) volait en formation avec un deuxième Rafale à 4 000 mètres, quand il a perdu de l'altitude. Il n'y a pas eu de contact radio avant le crash.
Export [modifier]
Aucune commande à l'export n'a été encore passée, bien que le Rafale ait été noté très positivement dans un nombre d'évaluations. Il fait face à la concurrence forte d'autres avionneurs européens et américains qui propose les Eurofighter Typhoon, JAS 39 Gripen, F-16, F-15, et F-35. Pour l'instant, le Rafale a échoué auprès de :
la Corée du Sud, qui a finalement retenu le F-15 en avril 2002 ;
Singapour qui, en août 2005, a également retenu le F-15 ;
les Pays-Bas et l'Australie, qui ont finalement rejoint le programme du F-35 ;
l'Arabie Saoudite qui a finalement retenu le Eurofighter Typhoon en août 2006 ;
le Maroc, qui a finalement retenu le F-16 en octobre 2007 [39].
On cite généralement la Libye, la Grèce, la Suisse, l'Inde et le Brésil (qui va acheter 36 avions dans le programme FX-2) comme acheteurs potentiels restants, mais il reste au Rafale à confirmer ces possibilités.
Améliorations possibles ou envisagées [modifier]
Avec l'arrivée du missile européen METEOR en 2010, le Rafale pourrait subir une remise à niveau de ses systèmes, cette mise à jour premièrement appelée F4 puis F3+ a pour but d'installer un nouveau RBE2 disposant d'une antenne active (AESA). La principale différence réside dans l'utilisation d'une antenne munie de plusieurs modules au lieu d'un seul. Elle consistera aussi à mettre en place une nouvelle version de l'OSF, l'OSF MkII, le missile METEOR, un nouveau réacteur M88-3 avec une meilleure poussée et une consommation réduite ainsi que d'autres systèmes complémentaires pour SPECTRA.
Faits et chiffres, engagements [modifier]
Rafale passant au dessus de l'USS John C. StennisDix-huit ans : la flottile 12.F a été déclarée complètement opérationnelle sur Rafale le 25 juin 2004. Depuis 2001, l'avion est embarqué à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
Vingt ans : il s'est écoulé vingt ans entre le premier vol du Rafale, le 4 juillet 1986, et son entrée officielle en service dans l'Armée de l'Air le 27 juin 2006 à Saint-Dizier à l'Escadron de chasse 1/7 Provence. À l'origine, l'avion de combat devait être opérationnel en 1996.
Coût du programme: 35 milliards ¤ pour 294 avions. Le prix unitaire par Rafale est, développement compris, d'environ 119 millions ¤ TTC.
Le coût d'un kilo d'armement s'élève à environ 3 400 euros pour le Rafale tandis qu'il est de 11 900 dollars pour le F-35 (JSF) et de 50 935 dollars pour le F-22, respectivement selon le coût et la capacité de chacun d'entre eux[réf. nécessaire].
L'heure de vol du Rafale M se monte à 39 000 ¤, dont 30 000 ¤ pour le poste d'entretien. Ces chiffres sont rapportés par Stéphane Jézéquel dans le journal Le Télégramme de Brest, citant un rapport de la Marine Nationale.
Le 23 juillet 2007, deux Rafale M au standard F2 ainsi qu'un E2C Hawkeye, de la Marine nationale, ont apponté sur le porte-avions nucléaire américain USS Enterprise au large de Cannes. Les appareils ont ensuite été catapultés avec succès, mettant en avant l'inter-opérabilité entre les Rafale français et le système aéronaval américain. Le Rafale est donc le premier chasseur de conception française à pouvoir opérer depuis un porte-aéronef américain.
Notes et références [modifier]
↑ En 1975, selon le Parlement français, le coût total des programmes d'avions et de moteurs annulés de 1960 à 1975 se monte à environ 2 milliards de francs (soit 1,2 milliard d'euros au cours 2006). L'Assemblée nationale française estime dans un rapport no 2815 du 21 avril 1977 de la Commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des fonds publics alloués aux entreprises privées ou publiques de construction aéronautique que « au cours de la dernière décennie, l'État-major a fait preuve, en matière d'aéronautique militaire, d'une certaine irrésolution, qui explique les remises en cause successives de programmes d'avions d'armes »
↑ Claude Carlier, L'Aéronautique française 1945-1975, Lavauzelle, Panazol, 1983 (ISBN 2-7025-0034-X)
↑ De 1956 à 1975, l'armée de l'Air a connu 8 chefs d'état-major, soit une moyenne de deux ans et demi par titulaire du poste
↑ Selon Jacques Chirac, « la grande faiblesse de notre système, c'est que les chefs d'État-major ne restent que deux ou trois ans. C'est un système pervers. Chaque chef d'État-major arrive avec l'idée que ce qui a été fait par son prédécesseur est une erreur. Cela ressemble à une caricature, mais c'est la vérité. », cité dans Claude Carlier, Marcel Dassault : la légende d'un siècle, Perrin, Paris, 2002 (ISBN 2-262-01928-2)
↑ Pierre Marion, Le pouvoir sans visage : le complexe militaro-industriel, Librairie générale française, coll. « Le Livre de Poche », Paris, 1990 (ISBN 2-253-05541-7)
↑ Comme d'ailleurs pour l'OTAN depuis décembre 1960 avec le lancement de sa compétition BR-3 en faveur d'un aéronef ADAV ou ADAC, abandonnée en 1962
↑ L'aile en flèche est, à l'époque, la seule formule autorisant l'adoption de volets hypersustentateurs
↑ Conçu entre 1967 et 1969, le M53 démarre ses essais à partir du 18 juillet 1973 sur banc d'essai volant Aérospatiale Caravelle et les expérimentations à vitesse supersonique sur Dassault Mirage F1 le 22 décembre 1974. Dès le 16 mars 1973, le gouvernement français décide le lancement du Mirage F1 équipé du Snecma M53 en vue de la compétition européenne l'opposant au YF-16 américain. Finalement, ce réacteur, destiné aux Mirage F1, G8, 4000 et 2000 n'équipera que ce dernier et le F-16 sera choisi par 4 nations européennes. Des études exhaustives de l'histoire des moteurs Snecma par Gérard Hartmann sont à [lire en ligne]
↑ Un protocole d'accord franco-britannique signé le 17 mai 1965 à Londres concerne la construction d'un avion à géométrie variable Anglo-French Variable Geometry (AFGV) en versions de supériorité aérienne pour la France et de pénétration pour le Royaume-Uni... mais aussi une coopération sur l'avion d'attaque Jaguar et le supersonique commercial Concorde
↑ Un accord de décembre 1959 autorise Pratt & Whitney à prendre une participation de 10,9 % du capital de la Snecma, qui accède aux licences de fabrication de tous les turboréacteurs existants à l'époque. Il permet à celle-ci de travailler sur le TF-30 à double flux, devenant le TF-306 de 10 tonnes de poussée
↑ Pour des raisons financières, malgré le lot de seulement 60 appareils de série à l'horizon 1973
↑ Soit 2,19 milliards d'euros au cours 2006
↑ Y compris par AMD-BA, qui constate que le Jaguar M 05 est abandonné « suite aux limites opérationnelles de l'appareil sur porte-avion »
↑ Dénommé successivement Super Mirage III, Mini-Mirage (MiMi), Delta 1000 et Delta 2000
↑ Alors que le projet ACX donnait, à l'inverse, la priorité à l'attaque par rapport à l'interception
↑ Conseil de Défense du 12 décembre 1975
↑ En fait, le président de la République estime que le Mirage 2000 a plus de chances à l'export, ce qui sera vérifié. Une constante veut, en effet, qu'un avion de combat n'est commandé à l'export qu'après qu'il soit en service dans son pays d'origine. Étant donné que l'avion de supériorité aérienne n'interesse que les armées de l'Air de premier ordre et/ou dotées de budgets d'acquisition conséquents ou alors alliées de l'Occident (Royal Saudi Air Force, Iraqi Air Force), le Mirage 4000 ne pouvait être qu'une « niche », qui se restreindra. En premier lieu avec l'adoption dès 1975 par la Royal Saudi Air Force de 72 Panavia Tornado (au final 153), bien que, selon certaines sources, la RSAF aurait cependant financé le prototype Mirage 4000 puis de 153 F-15S Peace Sun IX suivis, dès 1976, par un nombre indéterminé de F-15I « Baz » pour la Israeli Air Force et enfin de 223 F-15J Peace Eagle par la Japan Air Self-Defense Force
↑ Hélène Masson, « Le JSF/F-35 en Europe : le prix du pragmatisme », dans Fondation pour la recherche stratégique, Annuaire Stratégique et Militaire 2004, Odile Jacob (ISBN 2-7381-1301-X) [lire en ligne]
↑ Outline European Staff Target (OEST) du 16 Décembre 1983
↑ European Staff Target for a European Fighter Aircraft (EST-EFA) d'octobre 1984
↑ La potentialité commerciale du réacteur M88 représente alors 5,6 milliards d'euros, valeur janvier 2006
↑ A noter que « Le général [Bernard, ndlr] Capillon pantoufle depuis 1987 à la tête de la SNECMA » révèle l'Humanité, Paris, (ISSN 0242-6870) (19 janvier 1991) [lire en ligne]
↑ « Par référence à l'Ouragan, le premier avion à réaction construit par Dassault, l'ACX fut baptisé Rafale, évoquant ainsi à la fois le souffle, le dynamisme et l'esprit de société », selon François Robineau, Rafale : les ailes du futur, Le Cherche midi, Paris, 1994 (ISBN 2-86274-355-0)
↑ Dont ce sera la dernière apparition publique
↑ En 1987, on évoque le retrait du Crusader en 1993 au plus tard tout en rappelant que le Rafale M ne sera pas disponible avant 1996, soit un trou capacitaire de 3 ans. En décembre 1989, le ministre de la Défense annonce un nouveau report de 2 ans de la livraison du Rafale M à fin 1998
↑ Selon le site French Navy, ces essais ont pour but d'étudier le champ visuel dont dispose le pilote lors de la manoeuvre d'approche et de l'appontage, ainsi qu'à analyser le comportement et la stabilité du prototype Rafale A lors des approches par l'arrière, c'est-à-dire dans les turbulences occasionnées par le sillage du porte-avions, qui concluront à une vitesse d'approche finale de 255 km/h (10 km/h inférieure à celle du Super-Etendard)et une incidence de 14,5° (pouvant aller jusqu'à 16°)
↑ L'US Navy, qui a désarmé 3 porte-avions, possède environ 80 F/A 18 Hornet disponibles immédiatement, y compris dans leur version reconnaissance, qu'elle se propose de vendre à la Marine nationale au prix imbattable de 206 millions de francs l'unité, pour un coût total d'1,7 milliards d'euros
↑ Plus tard, le 10 octobre 1995, le chef d'État-major de l'armée de l'Air Jean Rannou propose l'abandon du programme et est qualifié de « général d'opérette », un sobriquet dont on n'affuble pas le ministre de la Défense français Hervé Morin qui, le 10 puis le 17 septembre 2007, dénonce dans La Tribune « cet avion sophistiqué et difficile à vendre »
↑ Soit 8,65 milliards d'euros au cours 2006
↑ Rapport sur le projet de loi de finances pour 2002 no 3320, 11 octobre 2001, annexe n° 40
↑ Soit 177 millions d'euros au cours 2006
↑ Selon Jean-François Jacquier, « Une folie nommée Rafale », dans L'Expansion (ISSN 0014-4703) (30 octobre 1995) [lire en ligne]
↑ Acronyme pour la Direction des études et fabrications d'armement, renommée Groupement industriel des armements terrestres (GIAT) en 1973 avant sa privatisation partielle en 1990 sous le nom de GIAT Industries puis son changement d'identité en Nexter fin 2006
↑ Selon « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », dans Air & Cosmos hors-série (ISSN 1240-3113) (juin 2004). Par erreur, l'article mentionne encore certains armements déjà abandonnés par la France, pour des raisons déontologiques comme la bombe à sous-munitions BLG 66 Belouga dont le stock a été détruit entre 1998 et 2002 [lire en ligne] ou financières, comme le programme de missile Anti-navires futur (ANF) suspendu à la mi-2001 [lire en ligne]
↑ Projet de loi de finances pour 2006
↑ http://www.defense.gouv.fr/air/base/breves/2007/mars/15_03_07_premiere_mission_des_rafale_en_afghanistan
↑ http://www.netmarine.net/bat/porteavi/cdg/hist2007.htm
↑ http://www.defense.gouv.fr/air/base/breves/2007/decembre/accident_aerien__1
↑ Si la puissance militaro-diplomatique américaine a joué, sous la forme de packages inclus dans les Foreign Military Sales, a contrario, la vente de 12 à 18 avions au Maroc, qui semblait acquise puisque financée en partie par l'Arabie Saoudite, a échoué à la suite de manque de coordination entre la DGA d'une part, de Dassault Aviation d'autre part et de l'État-major de l'armée de l'Air française
Voir aussi [modifier]
Liste des avions militaires (XXIe siècle)
Eurofighter Typhoon et F-35
Liens externes [modifier]
Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Dassault Rafale.
Le Rafale sur le site officiel de Dassault Aviation
Le Rafale M sur un site consacré l'aéronautique navale française
Dossier sur le Rafale sur un site consacré à l'aviation militaire
Le rafale Le site de la Marine nationale
Armée de terre Marine nationale Armée de l'air
Navires de surface Sous-marins Aéronavale
Bourbon - Soleil Royal - Téméraire - L'Intrépide - Le Scipion - Bucentaure - Hermione - L'Orient - Tonnant - Méduse - La Gloire - Sémillante - Torpilleurs numérotés - Armorique - Charlemagne - Suffren - Danton - Bretagne - Suffren - Orage - Commandant Teste - Béarn -Bougainville - Savorgnan-de-Brazza - Dunkerque - Strasbourg - Richelieu - Jean Bart - LCI - MSC 60 - Arromanches - Maillé-Brézé - Clemenceau - Foch - Jeanne d'Arc - Suffren - BATRAL- A69 - Tourville - Cassard - Floréal - La Fayette - Charles-de-Gaulle - Foudre - Mistral - Horizon - FREMM - PA 2 Plongeur - Pluviôse - Prométhée - Casabianca - Surcouf - Daphné - Argonaute - Agosta - Le Redoutable - Rubis - Le Triomphant - Le Vigilant - Suffren Dewoitine D.510 - Avro Lancaster - F6F Hellcat - PB4Y Privateer - F4U Corsair - Alizé - Étendard IV - N262E - Breguet Atlantic - Crusader - Super-Étendard - Xingu - Rafale
Super Frelon - Dauphin - Panther - Lynx
Rôle Avion multirôles
Constructeur Dassault Aviation
Premier vol 4 juillet 1986
Mise en service 18 mai 2001
Date de retrait Toujours en service
Investissement 33 milliards d'euros pour la totalité du programme
Coût unitaire entre 47 et 50 millions d'euros
(53 pour le standard F3+)
Nombre construit
Équipage
1 pilote (monoplace) + 1 officier système d'arme (biplace)
Motorisation
Moteur Snecma M88-2
Nombre 2
Type turboréacteur avec post-combustion
Puissance unitaire 48,7 kN à sec, et 72,9 kN avec PC
Dimensions
[[Image:|275px|center]]
Envergure 10,9 m
Longueur 15,3 m
Hauteur 5,34 m
Surface alaire 46 m²
Masses
À vide Rafale C : 9 060 kg, Rafale M : 9670 kg, Rafale B : 9 800 kg
Carburant interne: 4 800 kg, externe: 4 800 kg
Avec armement 23 700 kg
Maximale 24 500 kg
Performances
Vitesse maximale 2 170 km/h (Mach 1.8)
Vitesse de décrochage {{{vitessemini}}} km/h
Plafond 16 750 m
Vitesse ascensionnelle 18 000 m/min
Distance franchissable haute altitude : 1 850 km
basse altitude : 1 090 km
Charge alaire {{{chargealaire}}} kg/m²
Rapport poids/poussée {{{poidspoussée}}}
Armement
Interne 1 canon GIAT de 30 mm
Externe 9 500 kg de différents types de missiles ou de bombes
Avionique
Voir la section concernée
Il est peu probable qu'un avion piloté de 5e génération 100 % français lui succède.
Sommaire [masquer]
1 Historique
1.1 La valse-hésitation de l'avion de combat lourd français (1963-1975)
1.1.1 L'intercepteur privilégié (1963-1973)
1.1.2 Le baroud d'honneur des Mirage F2 et G (1964-1972)
1.1.3 Les vicissitudes du programme français ACF (1972-1975)
1.2 Une coopération européenne ? (1977-1985)
1.2.1 Des besoins différents mais encore compatibles (1977-1979)
1.2.2 Trois démonstrateurs pour chaque pays (1980-1982)
1.2.3 La mésentente cordiale (1982-1985)
2 Études
2.1 Le démonstrateur franco-français Rafale A (1986-1994)
2.1.1 La Marine nationale française préfère le F/A-18 (1987)
2.1.2 Le Rafale A néanmoins retenu (1989)
3 Développement
3.1 Lancement du programme (1988)
3.2 Les prototypes (1991-1993)
3.2.1 Le prototype Rafale C 01 Air
3.2.2 Les prototypes Rafale M 01 et M 02 Marine
3.2.3 Le prototype Rafale B 01 Air
4 Spécifications
4.1 Cellule
4.2 Armement
4.2.1 Armement air-air
4.2.2 Armement air-sol
4.2.3 Armement air-mer
4.2.4 Carburant
4.2.5 Divers
4.3 Système d'armes
5 Commandes
6 Engagements
7 Accidents
8 Export
9 Améliorations possibles ou envisagées
10 Faits et chiffres, engagements
11 Notes et références
12 Voir aussi
13 Liens externes
Historique [modifier]
La valse-hésitation de l'avion de combat lourd français (1963-1975) [modifier]
L'Armée de l'air et, dans une moindre mesure, la Marine nationale françaises ont toujours rêvé d'acquérir un avion de combat lourd biréacteur. Au cours des années 1963-1979, Dassault-Bréguet (aujourd'hui Dassault Aviation), le seul constructeur aéronautique français, réalise plusieurs prototypes répondant aux souhaits versatiles de l'État-major[1]. « Contrairement à une opinion répandue », estime l'historien Claude Carlier, universitaire à la Sorbonne et président d'un think tank, l'Institut d'histoire des conflits contemporains (IHCC)[2], « il n'apparaît pas que l'État-major ait commandé des prototypes pour faire seulement tourner les bureaux d'études. Il a, au contraire, systématiquement envisagé une fabrication en série d'appareils dont il comptait bien s'équiper. Toutefois, il faut remarquer que tous les appareils commandés sur son initiative ont été abandonnés [...], généralement pour des motifs financiers, alors que certains étaient réussis technologiquement. »
Les dirigeants français ne sont pas exempts de reproches lorsqu'ils reportent les commandes à cause du contexte électoral, économique ou social, comme on le verra plus bas. « D'un autre côté, les hommes politiques ne savent plus qui croire lors des changements à la tête des armées quand des demandes contradictoires leur sont présentées. En effet, aux divers changements de chefs d'État-major[3] correspond souvent une nouvelle conception des missions. Une nouvelle fois, les programmes à l'étude ou en expérimentation sont soit modifiés, soit purement et simplement annulés ».[4]
D'autres experts, comme Pierre Marion, ancien directeur du service de renseignements extérieur français, pointent du doigt « les connivences qui se créent entre firmes d'une part, ingénieurs d'État et officiers d'autre part [et qui] constituent un réseau occulte détournant les processus de décision ».[5]
L'intercepteur privilégié (1963-1973) [modifier]
Ainsi, en 1963, pour l'Armée de l'air française[6], il s'agit de posséder un avion d'interception monoplace biréacteur de pénétration à basse altitude tous temps, capable d'interceptions à vitesse supersonique et apte à s'affranchir des longues pistes bétonnées vulnérables aux attaques des avions du Pacte de Varsovie. Avec une vitesse d'approche inférieure à 140 n½uds (260 km/h), le prototype Mirage F2 à aile fixe en flèche[7], lancé au cas où les prototypes Mirage Balzac V et Mirage IIIV à décollage et atterrissage verticaux (ADAV) développés en 1960 ne donneraient pas satisfaction, répond à ces spécifications. Ce chasseur de moyen tonnage (9,5 t à vide, 18 t à pleine charge) effectue son 1er vol le 12 juin 1966 avant d'être préféré en 1973 au plus léger Mirage F1 développé sur fonds propres par Dassault-Bréguet et qui devait être équipé du nouveau réacteur Snecma M53.[8]
Le baroud d'honneur des Mirage F2 et G (1964-1972) [modifier]
Les demandes changent à nouveau en 1964. Pour l'Armée de l'air, la Marine nationale françaises, voire la Royal Air Force[9], il s'agit d'acquérir un appareil à géométrie variable, technologie alors à la mode (voir par exemple le F-111 américain). Dérivé du Mirage F2, le Mirage G4 biréacteur (Snecma Atar 9 K 50 ou Pratt & Whitney/Snecma TF-306[10]) est multirôle puisqu'il est destiné à des missions de reconnaissance, d'attaque et de guerre électronique lointaine (RAGEL) soit, sous-entendu, de bombardement stratégique nucléaire ou d'escorte des Mirage IV. Il effectue son 1er vol le 18 mars 1967 avant d'être abandonné l'année suivante[11].
En 1970, l'État-major modifie une nouvelle fois ses demandes au profit d'un avion d'interception biréacteur moins performant, le Mirage G8, qui effectue son 1er vol le 8 mai 1971 (biplace) puis le 13 juillet 1972 (monoplace). En mai 1972, s'apercevant que la flèche variable n'est intéressante que pour les missions de pénétration à basse altitude, ce dernier abandonne le programme et rédige la fiche programme de l'Avion de combat du futur (ACF).
En 1970, la Cour des comptes avait estimé à 2,3 milliards de francs sur 10 ans le coût de l'annulation successive des différents programmes.[12]
Les vicissitudes du programme français ACF (1972-1975) [modifier]
L'ACF de supériorité aérienne multirôle est destiné à assurer à l'horizon 1990 la succession du Mirage III, du Mirage F1, du Mirage IV et du Jaguar, dont la version navalisée n'a pas convaincu[13] pour remplacer les F-8(FN)Crusader.
L'ACF offre le choix entre deux projets à aile delta, entrées d'air semi-circulaire, commandes de vol électriques et utilisation de matériaux composites (carbone) : le monoréacteur Mirage 2000[14] et le biréacteur lourd Super Mirage 4000, équivalent au F-15 Eagle et qui possède des plans canard et a cette fois-ci clairement la préférence de l'État-major.
En juin 1975, la construction des prototypes, pourtant quasiment achevée, est stoppée devant l'ampleur financière du programme ACF. En juillet, l'État-major demande le retour à la supériorité aérienne, donc à un avion d'interception[15] doté d'un radar simplifié. En décembre, le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing[16] décide de financer le Mirage 2000 et laisse à l'avionneur le soin de développer sur fonds propres en vue d'exportations[17] le Super Mirage 4000 avec l'aide des équipementiers, l'État « prêtant » parcimonieusement les réacteurs. Le premier effectue son vol d'essai le 10 mars 1978, le second le 9 mars 1979, tous deux motorisés par le Snecma M53.
Une coopération européenne ? (1977-1985) [modifier]
En décembre 1977, l'Armée de l'air demande à la Direction des constructions aéronautiques du ministère de la Défense français de conduire une réflexion sur un Avion de combat tactique (ACT) éventuellement construit en coopération. Huit années (1977-1985) sont nécessaires à la France, à la RFA et au Royaume-Uni pour s'entendre sur des besoins communs, sur un calendrier et sur la configuration technique de l'avion de combat européen.[18]
Des besoins différents mais encore compatibles (1977-1979) [modifier]
Dès 1977, les industriels AMD-BA et Dornier, qui avaient collaboré sur l'avion de patrouille maritime Bréguet Atlantic comme sur l'avion d'entraînement Alpha Jet, s'entendent sur une future coopération, toutefois sans appui de leurs gouvernements respectifs. Finalement, des discussions tripartites à plus haut niveau s'engagent sur les besoins : un chasseur-bombardier pour la France, un intercepteur destiné à succéder aux F-4 pour la RFA et le Royaume-Uni. Rapidement, ce dernier, qui a décidé le développement d'une version d'interception à long rayon d'action (Air Defense Version) du Tornado pour remplacer ses Jaguar, semble se rapprocher des vues françaises. AMD-BA obtient un premier marché d'étude le 30 octobre 1978 pour l'étude d'un appareil de défense aérienne et d'attaque destiné à l'Armée de l'air puis un second pour un appareil destiné à la Marine nationale française, l'Avion de combat marine (ACM) le 22 décembre 1978. A partir de cette date, l'ONERA étudie en soufflerie la manoeuvrabilité et l'aérodynamique du « projet Rapace ». Les études françaises comme bipartites (European Combat Fighter) se poursuivent pour aboutir à la suite d'un colloque d'octobre 1979 à Bruxelles, au choix par les aviations militaires d'Europe de l'Ouest et les industriels (AMD-BA, MBB, British Aerospace) d'un biréacteur multirôle à aile delta, équipé de plans canard et de commandes électriques, d'une vitesse de Mach 2, d'un plafond de 15 000 mètres.... et devant être disponible en 1992.
Trois démonstrateurs pour chaque pays (1980-1982) [modifier]
Cependant, des divergences se font déjà jour sur la masse de l'appareil, sa motorisation et, dans une moindre mesure, son avionique :
pour la France, un appareil de 8,5 tonnes propulsé par 2 Snecma M88 ;
pour la RFA, un appareil de 9 tonnes propulsé par 2 General Electric F404 ;
pour le Royaume-Uni, un appareil de 12,5 tonnes compensant son éloignement du champ de bataille continental et propulsé par 2 Turbo-Union RB-199.
Ainsi, trois maquettes 1/1 statiques sont présentées aux salons aéronautiques :
l'Avion de combat tactique-92 (ACT 92) de AMD-BA, l'un à aile haute et double dérive, l'autre à aile basse en double flèche et plans canard (au design proche du Mirage 4000) au 13e salon IFA de Hanovre de 1980 ;
le Taktisches Kampf Flugzeug-90 (TFK-90) de MBB, avion d'interception à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au 13e salon IFA de Hanovre de 1980 ;
l'Agile Combat Aircraft (ACA), dérivé des études P.106 et P.110 (au design proche du F-15), à aile delta, double dérive, plans canard et entrées d'air ventrales au salon de Farnborough de 1982.
La mésentente cordiale (1982-1985) [modifier]
En septembre 1982, lors du salon de Farnborough, le ministère de la Défense britannique annonce qu'il « aiderait » à financer le programme ACA et invite les autres partenaires européens à se joindre à lui en vue de la construction d'un démonstrateur Experimental Aircraft Program (EAP). Le 12 décembre 1982, le ministre de la défense français Charles Hernu annonce à l'Assemblée nationale française que « la France construira seule si nécessaire l'ACX [ex-ACT-92, ndlr] », dont les études sont lancées, et fait la même proposition aux industriels européens. En fait, chacun cherche à rallier la RFA à son propre programme à la faveur des liens tissés avec MBB.
1983 voit les lancements officiels de l'Avion de Combat eXpérimental (ACX) français (le 13 avril) et de l'EAP britannique (en mai), qui intègre les études du TFK-90 allemand. Le cahier des charges des deux prototypes répond aux spécifications de 1979 avec une utilisation intensive de matériaux composites tels les fibres de carbone (Carbon Fibre Composite), le titane (Super Plastic Forming-Diffusion Bonded), plus, pour l'ACX, de fibres d'aramide (Kevlar) et l'alliage aluminium-lithium pour l'ACX. L'ACX possède, en outre, l'expérience de AMD-BA en matière de commandes de vol électriques « pleine autorité » qu'il est le premier à développer en Europe de 1975 (Mirage 2000) à 1986, date du vol d'essai de l'ACX.
Néanmoins, la coopération -« de façade » pronostiquent certains- est toujours de mise avec la signature de deux protocoles d'accord, le 1er en décembre 1983[19], le 2e en octobre 1984[20] où l'on discerne que l'unanimité est battue en brêche par les exigences inconciliables de ce club des 5 (France, RFA, Royaume-Uni, Italie et Espagne), qui reconstitue le groupement Panavia. Pour surmonter les dissentions, et alors que AMD-BA plaide pour un maitre d'½uvre unique [lui en l'occurrence, ndlr], la partie britannique veut bien, à ce que l'on en sait, lui abandonner la conception de la cellule à condition que Turbo-Union obtienne celle du moteur, le RB-199 du Tornado ou, éventuellement, d'un dérivé. Hélas, dès septembre 1983, Snecma a développé un nouveau réacteur, le M88[21] et il est exclu pour la France, à la fois de confiner la société aux moteurs civils (tels le CFM56) ou d'envisager deux motorisations pour l'EFA. En août 1985, le ministre de la Défense français Charles Hernu annonce au sommet de Turin le retrait de la France du programme EFA, aidé en cela par les déclarations d'un énième chef d'État-major de l'Armée de l'air française en faveur d'un avion de moins de 9 tonnes[22] et celles de AMD-BA, qui n'en finit pas d'égréner le leitmotive voulant que la coopération sans maître d'½uvre unique, signifie l'étouffement de l'industrie aéronautique française.
Études [modifier]
Le démonstrateur franco-français Rafale A (1986-1994) [modifier]
Le démonstrateur Rafale ALe démonstrateur de l'ACX, dénommé Rafale A,[23] et construit en moins d'un an et demi, est présenté le 13 décembre 1985 à Saint-Cloud en présence de Marcel Dassault.[24]
Le Rafale A effectue son premier vol le 4 juillet 1986 au centre d'essais de la DGA sur la Base aérienne 125 Istres-Le tubé avec 2 réacteurs General Electric F404. Devant être multirôle et embarqué sur porte-avion, il doit être capable d'évoluer à haute altitude comme en suivi de terrain. Par rapport à l'ACX, le démonstrateur est équipé d'une aile en double delta semi-basse, d'une dérive plus haute, d'entrées d'air semi-ventrales sans les « souris » des Mirage III, 2000 et 4000, de plans canard placés en arrière du cockpit pour une meilleure visibilité du pilote. Cette combinaison de plans canard actifs (qui font office de gouverne de profondeur) et de l'aile permet à la fois un rapport portance/trainée et une incidence (l'angle sous lequel le vent vient frapper le profil) élevées. Sa première présentation en vol a lieu au salon du Bourget, le 13 juin 1991. Il est retiré du service à l'issue de son 42e vol.
La Marine nationale française préfère le F/A-18 (1987) [modifier]
En février 1987, le président de la République française François Mitterrand annonce le lancement d'un avion opérationnel dérivé du Rafale A, puis en juin, au salon du Bourget, précise qu'il équipera l'Armée de l'air et la Marine nationale françaises. Cette dernière ne veut apparemment pas du Rafale M qui arrivera trop tard pour remplacer ses F-8(FN)Crusader datant de 1964[25] et étudie la transformation, qui se serait révélée peu fiable, de quelques Super Étendard d'attaque datant de 10 ans (mais dont les études remontent à 1953) en avions d'interception. En dépit de 7 appontages simulés du Rafale A sur le Clémenceau le 30 avril 1987, de 85 autres sur le Foch du 4 au 8 juillet 1988, de 124 appontages simulés sur la BA 125 à Istres et 160 sur la BAN Nîmes-Garons[26], sa préférence va cependant à la location ou l'achat « sur étagère » d'une trentaine de F/A 18 Hornet d'occasion qui ont fait leurs preuves sur les porte-avions américains[27]. En 1988, à la suite d'un rapport de l'Assemblée nationale française, les critiques de la presse sur « le gouffre à milliards » ou le « Mirage du Rafale » puis la sortie du Premier ministre français Michel Rocard sur le « sinistre industriel »[28], les industriels sont enjoints de participer à hauteur de 25 % aux frais de développement, soit 40 milliards de francs[29], qu'ils devraient récupérer à moyen terme à l'export. Une décision de retrait de la Marine nationale du programme, qu'elle finance à hauteur de 20 %, aurait vraisemblablement été catastrophique pour les industriels du GIE Avion de Combat Européen (ACE) et la R&D française, comme le précise un nouveau rapport de de l'Assemblée nationale française : la Marine a essayé « à tout prix [de] disposer d'un avion spécifique et surtout différent de celui de l'Armée de l'air. Ces errements passés avaient été poussés jusqu'à l'absurde à la fin des années 1980, avec la proposition d'achat des F-18 pour le porte-avions au risque d'affaiblir l'outil de souveraineté, la cohérence du dispositif aérien et l'industrie aéronautique française »[30]. Après que Marcel Dassault se fâche, il est décidé une prolongation de 17 Crusader pour 800 millions de francs[31] et la transformation de 71 Super Etendard en version modernisée (SEM) pour un montant inconnu. En 1990, au moment de la guerre du Golfe, même le président de la République française François Mitterrand aurait regretté ce choix : « Je reconnais que j'ai commis une grave erreur [...]. J'aurais dû opter pour le F-18. Aujourd'hui, je préconiserais l'achat d'appareils américains, même si cela devait déplaire à monsieur [Serge, ndlr] Dassault ».[32]
Le Rafale A néanmoins retenu (1989) [modifier]
Le démonstrateur Rafale A, après avoir passé Mach 2 sur General Electric F404 au cours de son 93e vol (le 4 mars 1987), simulé des appontages sur le Clémenceau (le 30 avril 1987) à vitesse minimale, effectué un 460e vol avec un réacteur F404 à gauche et un Snecma M88 à droite (27 février 1990) est retiré des essais après 867 vols (le 24 janvier 1994).
Développement [modifier]
Lancement du programme (1988) [modifier]
Le lancement du programme a lieu le 26 janvier 1988 par un comité interministériel tandis que le contrat de développement est signé le 21 avril 1988. A cette date, AMD-BA (avec 4 prototypes), la Snecma (le réacteur M88-2), Thomson-CSF (le radar RBE2, un nouveau système de contre-mesures SPECTRA) et Dassault Systèmes passent en phase de réalisation des matériels de pré-série.
Les prototypes (1991-1993) [modifier]
Le démonstrateur Rafale A donne naissance à 4 prototypes : le Rafale C 01 (le C 02 est annulé à l'automne 1991), monoplace destiné à l'Armée de l'air française, commandé le 21 avril 1988 et dont le 1er vol se déroule le 19 mai 1991 ; les Rafale M 01 et M 02, monoplaces destinés à la Marine nationale française, commandés le 6 décembre 1988 et dont le 1er vol se déroule le 12 décembre 1991 ; le Rafale B 01 (le Rafale N destiné à la Marine nationale française est annulé le 22 septembre 2004), biplace destiné à l'Armée de l'air française, dont le 1er vol se déroule le 30 avril 1993.
Le prototype Rafale C 01 Air [modifier]
La compacité et les améliorations aérodynamiques par rapport au démonstrateur Rafale A sont visibles sur ce prototype destiné à l'Armée de l'air française, le Rafale C 01Le Rafale C 01, qui arbore une livrée noire suggérant la furtivité, est quelque peu différent du démonstrateur Rafale A. La compacité du réacteur M88 par rapport au F404 permet tout d'abord d'alléger le prototype d'une tonne (8,5 contre 9,5 tonnes) en réduisant sa longueur d'un mètre, son envergure de 1,15 mètre et sa surface alaire de 2 m². Au niveau de l'aérodynamisme, la voilure est elle même simplifiée, revenant à l'aile delta simple de l'ACX, prolongée par un apex (le point le plus éloigné d'un triangle) vers les entrées d'air. L'empennage est raccourci et sa jonction avec le fuselage est revue, déplaçant l'entrée d'air auxiliaire du pied de l'empennage (typique du Tornado et du Typhoon) vers la canopée. En vue de l'intégration du système de guerre électronique SPECTRA, il est muni à la façon des Mirage 2000 d'un ballonnet tandis que les plans canard sont modifiés et servent d'aérofreins. La pointe avant est plus large, afin d'y loger le radar RBE2, mais surtout inclinée vers le bas pour faciliter la visibilité lors des appontages. Enfin, l'espace entre les réacteurs est élargi.
Les prototypes Rafale M 01 et M 02 Marine [modifier]
Le train avant des Rafale M 01 et M 02 est renforcé. La barre de catapultage est clairement visible, ici en position décollageLes Rafale M 01 et M 02 présentent une livrée grise et sont identiques à 90 % au Rafale C 01. Ainsi, ils conservent l'aile fixe du Rafale C 01, contrairement aux traditions de l'aviation navale française qui met alors en service des aéronefs aux extrémités d'aile repliables.
Les trains d'atterrissage principaux Messier-Dowty sont renforcés pour absorber une énergie verticale d'appontage correspondant à une vitesse de 6,5 mètres par seconde (soit 23,4 km/h). Pour l'envol à partir d'un porte-avions, le choix d'une barre de catapultage à la place des élingues accrochées au fuselage oblige à renforcer également le caisson du train avant (en titane et acier haute résistance), plus sollicité. Son amortisseur est doté d'un dispositif dit « jump strut » qui permet d'emmaganiser de l'énergie lors du catapultage et de la restituer en bout de pont d'envol. La technologie du train d'atterrissage avant (à laquelle s'ajoute des astuces comme la rotation à 360° des roues à l'arrêt ou de +/- 75° lors de la rentrée) et son encombrement obligent à réduire les points d'emport d'armement de 14 à 13 par rapport au C 01.
Les Rafale M 01 et M 02 sont, en outre, dotés d'une crosse d'appontage plus lourde que celle utilisée pour les atterrissages d'urgence du Rafale C 01, d'une échelle télescopique repliable dans le fuselage, de deux batteries au lieu d'une et, en bout de dérive, du système inertiel infra-rouge (hybridé GPS) d'alignement à la mer TELEMIR de Sagem Défense Sécurité.
Le prototype Rafale B 01 Air [modifier]
Spécifications [modifier]
Cellule [modifier]
Le Rafale est un avion semi-furtif. Il est doté d'ailes delta à flèche complexe et de plans canards actifs. Il dispose d'un système de commandes de vol électriques à plusieurs niveaux de redondance (trois chaînes numériques pouvant être secourues par deux chaînes analogiques, le tout alimenté par différentes sources électriques).
Sa construction fait largement appel aux matériaux composites tels que la fibre de carbone et de kevlar ainsi que des alliages aluminium-lithium. Ses bords d'attaque sont composés de titane. Il est équipé de deux turboréacteurs M88-2 E4 de SNECMA qui fournissent jusqu'à 2 x 75 kN de poussée lorsque la post-combustion est activée.
Équipé de réservoirs externes, le Rafale peut contenir jusqu'à 12 000 litres de pétrole et peut être ravitaillé en vol.
Armement [modifier]
Le canon Nexter 30 M791 du RafaleL'armement de base du Rafale est constitué d'un canon Nexter DEFA 30 M791 de 30 mm, placé sous l'apex de l'aile droite (125 obus emportés, cadence de tir de 2 500 obus/minute). Bien que gardant la dénomination DEFA[33], ce canon est très différent de ceux qui équipent les avions français depuis les années 1950.
Le Rafale est muni de 14 points d'emport externes (13 pour la version marine) lui donnant une capacité d'emport maximale de 9 500 kg. Il est capable d'emporter une large gamme d'armements, déjà testés ou en service. [34]
Armement air-air [modifier]
Ce Rafale Air présente, de gauche à droite, un missile MICA en bout d'aile, un missile de croisière SCALP-EG, 3 bombes guidées AASM, un réservoir externe et un pod de désignation laser Damoclesles missiles MBDA MICA (Missile d'Interception de Combat et d'Autodefense) tire et oublie (Fire And Forget) à moyenne portée ou d'autodéfense à courte portée, guidage électromagnétique ou infrarouge de 3e génération d'une portée maximum de 80 km. Peut être utilisé avec 4 modes de tir : LAM longue portée, longue portée sans LAM, courte portée avec autodirecteur accroché sur la cible avant départ ou après la départ avec un fort dépointage sur coordonnées L16 (ennemi dans les 6 heures) ;
le missile MBDA METEOR à longue portée, guidage inertiel et radar de 3e génération et doté d'un statoréacteur, d'une portée de l'ordre de 120 km et possédant un très grand NEZ (No-Escape Zone). Il devrait entrer en service en 2012.
Armement air-sol [modifier]
la bombe lisse MBDA Durandal ;
la bombe guidée laser Raytheon Paveway ;
la bombe guidée Sagem Défense Sécurité AASM ;
la bombe guidée laser MBDA BGL 1000 ;
le missile MBDA Apache doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 ;
le missile de croisière MBDA SCALP-EG, dérivé du précédent, à moyenne portée, guidage inertiel et infra-rouge autonome, doté d'un turboréacteur Microturbo TRI60-30 et d'une charge « broach » de 400 kg ;
le missile préstratégique EADS ASMP-A à moyenne portée, guidage inertiel, doté d'un statoréacteur et armé d'une nouvelle tête nucléaire, la TNA.
Armement air-mer [modifier]
le missile MBDA tire et oublie (Fire And Forget) Exocet AM39 B2 à moyenne portée, guidage inertiel et radar ;
Carburant [modifier]
de 1 à 3 réservoirs externes de 1 250 litres chacun ;
de 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun ;
les réservoirs conformes, de 1 150 litres (spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite) afin d'allonger son rayon d'action pour les missions de pénétration notamment. Cependant, ces réservoirs ne sont pas largables en vol, ce qui peut entraîner une gène lors d'un engagement, au cours duquel la man½uvrabilité est essentiel ;
la nacelle de ravitaillement Douglas d'un débit de 750 litres/minute à partir des réservoirs internes du Rafale permet de le gréer rapidement en « buddy-to-buddy » (ou « nounou »), apte à ravitailler un congénère Air ou Marine, tous dotés de série d'une perche de ravitaillement en vol (amovible).
Pour les missions "nounou" la marine utilise parfois des configurations a 4 réservoires externes
Divers [modifier]
la nacelle de reconnaissance Thales Reco NG de basse à haute altitude fonctionnant en visible ou en infrarouge permettant la visualisation par les pilotes d'objectifs hors de portée visuelle (Beyond Visual Range).
Système d'armes [modifier]
Un biplace et un monoplace de la 7e Escadre de ChasseLe pilote dispose des dernières technologies, et l'ergonomie des commandes a été entièrement revue :
Les écrans classiques ont été remplacés par des écrans tactiles
Les informations essentielles au vol s'affichent sur un viseur tête haute (HUD, Head Up Display)
Les commandes (manette des gaz et manche), placées sur les côtés pour dégager la vue du pilote et lui permettre de se concentrer sur ses informations visuelles et électroniques, répondent au standard HOTAS (Hands On Throttle And Stick).
"L'interface homme-machine" (IHM) dispose d'un viseur de casque (viseur-visuel « Topsight » développé en coopération par Sextant Avionique et Intertechnique) et d'une commande vocale.
Le système d'arme du Rafale est défini par des lots de fonctionnalités appelées « standard ». Trois standards ont été définis pour l'armée française, avec des évolutions pour une version destinée à l'export :
Le standard F1, mis en service en 2001 pour la Marine Nationale, correspond à des missions de défense aérienne (missiles air-air + canon)
Le standard F2, mis en service en 2005, donne en plus au Rafale des capacités d'attaque au sol, mais l'Air-Air bénéficie de l'ajout de nouveaux capteurs en plus du radar,
Le standard F3 permettra la lutte anti-navire, la reconnaissance et la frappe nucléaire. Il sera équipé de deux moteur M88-3 SNECMA de 9 tonnes de poussée chacun.
Le radar de bord RBE2, conçu par Thales permet de suivre plusieurs cibles simultanément grâce à son antenne électronique passive qui n'est plus limitée par la vitesse du balayage mécanique. Il est capable par ailleurs, de façon exclusive, de dessiner une carte du terrain au sol dans un rayon de 10 km, que l'équipage peut utiliser pour du suivi de terrain.
SPECTRA (Consortium de Thales et MBDA), le système d'auto-protection du Rafale, est complètement intégré et informe l'équipage sur la conduite à tenir en cas de menace air-air ou sol-air.
Le Rafale est également équipé (à partir du standard F2) d'un OSF (Optronique Secteur Frontal). Cet équipement réalisé conjointement par Thales et Sagem permet des poursuites visuelles et infra-rouge de pistes air-air ou air-sol grâce à ses deux têtes ; il est de plus interchangeable entre avions Rafale, ce qui diminue encore les coûts.
La liaison de donnée tactique OTAN L16, intégrée à partir du standard F2, permet au Rafale d'échanger des informations tactiques avec ses équipiers et d'autres acteurs du théâtre d'opération (un avion radar AWACS par exemple).
Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN, comme actuellement en Afghanistan.
Le Rafale est doté d'une fusion de donnée, conçue par Dassault et complètement intégrée au système d'arme. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, PPLI, pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement C2) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA).
La fusion de donnée fournit une information synthétique et fiable au pilote et aux conduites de tir. Elle permet ainsi d'élargir les capacités des conduites de tir (tir air-air sur piste désignée par un autre Rafale par exemple).
La première flottille de Rafale, la 12F de l'aéronavale de la Marine Nationale, est officiellement opérationnelle depuis 2004. Mais dès le mois de décembre 2001, elle entamait sa première croisière opérationnelle à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
La première unité opérationnelle de Armée de l'Air, l'escadron de chasse 1/7 "Provence" sur Rafale a été créée le 27 juin 2006 sur la Base Aérienne de Saint-Dizier (BA 113), après une expérimentation à Mont-de-Marsan (BA 118).
L'électronique de bord est en rapide évolution. La génération qui équipe chaque appareil est mentionnée suivant la dernière mise à niveau (voir plus bas).
Commandes [modifier]
Un total de 294 Rafale est prévu pour les armées françaises : 60 pour la Marine Nationale et 234 pour l'Armée de l'Air (dont 95 monoplaces et 139 biplaces).[35]
Avant 2002 2002 2003 2004 2005 2006 Après 2006 Total
Rafale Air Commandes 36 0 0 46 0 0 152 234
Livraisons 2 1 1 3 11 12 205
Rafale Marine Commandes 25 0 0 13 0 0 22 60
Livraisons 9 1 0 0 0 2 48
Engagements [modifier]
Du 9 au 19 juin 2002, en pleine crise entre l'Inde et le Pakistan, les Rafales embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle effectuèrent au large des côtes indo-pakistanaises leurs premières missions réelles de combat air patrol armés de missiles air-air, en collaboration avec des F-14 et F-18 de l'US Navy.
Trois Rafales de l'armée de l'air basés à Dushanbe au Tadjikistan et trois autres de la marine déployés à bord du Charles de Gaulle ont débuté des opérations de soutien aux forces en Afghanistan en mars 2007[36]. Ces appareils ont été modifiés en urgence pour pouvoir larguer ces bombes à guidage laser, ce qui n'était pas prévu dans la version "F2". Toutefois ils ne sont pas autonomes et doivent compter sur les Mirage 2000 ou les Super-Étendard pour "illuminer" la cible. Le 28 mars 2007, un Rafale a largué une bombe GBU12 (bombe à guidage laser de fabrication américaine) à la demande des troupes néerlandaises[37].
Accidents [modifier]
Cet article ou cette section traite d'un événement récent (6 décembre 2007).
Le texte peut changer fréquemment, et n'est peut-être pas à jour. N'hésitez pas à participer et à citer vos sources.
Le 6 décembre 2007, un Rafale biplace ayant décollé de la base militaire de Saint-Dizier (Haute-Marne) s'est écrasé à très grande vitesse vers 18h20 dans une zone boisée de la commune de Neuvic (Corrèze), lors d'un vol d'entrainement d'une patrouille d'avions de l'Escadron de chasse 1/7 Provence[38]. Il n'y avait qu'un seul pilote à bord, le capitaine Emmanuel Moriuser, qui ne s'est pas éjecté. De même, les causes du crash sont encore obscures : l'avion (non armé) volait en formation avec un deuxième Rafale à 4 000 mètres, quand il a perdu de l'altitude. Il n'y a pas eu de contact radio avant le crash.
Export [modifier]
Aucune commande à l'export n'a été encore passée, bien que le Rafale ait été noté très positivement dans un nombre d'évaluations. Il fait face à la concurrence forte d'autres avionneurs européens et américains qui propose les Eurofighter Typhoon, JAS 39 Gripen, F-16, F-15, et F-35. Pour l'instant, le Rafale a échoué auprès de :
la Corée du Sud, qui a finalement retenu le F-15 en avril 2002 ;
Singapour qui, en août 2005, a également retenu le F-15 ;
les Pays-Bas et l'Australie, qui ont finalement rejoint le programme du F-35 ;
l'Arabie Saoudite qui a finalement retenu le Eurofighter Typhoon en août 2006 ;
le Maroc, qui a finalement retenu le F-16 en octobre 2007 [39].
On cite généralement la Libye, la Grèce, la Suisse, l'Inde et le Brésil (qui va acheter 36 avions dans le programme FX-2) comme acheteurs potentiels restants, mais il reste au Rafale à confirmer ces possibilités.
Améliorations possibles ou envisagées [modifier]
Avec l'arrivée du missile européen METEOR en 2010, le Rafale pourrait subir une remise à niveau de ses systèmes, cette mise à jour premièrement appelée F4 puis F3+ a pour but d'installer un nouveau RBE2 disposant d'une antenne active (AESA). La principale différence réside dans l'utilisation d'une antenne munie de plusieurs modules au lieu d'un seul. Elle consistera aussi à mettre en place une nouvelle version de l'OSF, l'OSF MkII, le missile METEOR, un nouveau réacteur M88-3 avec une meilleure poussée et une consommation réduite ainsi que d'autres systèmes complémentaires pour SPECTRA.
Faits et chiffres, engagements [modifier]
Rafale passant au dessus de l'USS John C. StennisDix-huit ans : la flottile 12.F a été déclarée complètement opérationnelle sur Rafale le 25 juin 2004. Depuis 2001, l'avion est embarqué à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
Vingt ans : il s'est écoulé vingt ans entre le premier vol du Rafale, le 4 juillet 1986, et son entrée officielle en service dans l'Armée de l'Air le 27 juin 2006 à Saint-Dizier à l'Escadron de chasse 1/7 Provence. À l'origine, l'avion de combat devait être opérationnel en 1996.
Coût du programme: 35 milliards ¤ pour 294 avions. Le prix unitaire par Rafale est, développement compris, d'environ 119 millions ¤ TTC.
Le coût d'un kilo d'armement s'élève à environ 3 400 euros pour le Rafale tandis qu'il est de 11 900 dollars pour le F-35 (JSF) et de 50 935 dollars pour le F-22, respectivement selon le coût et la capacité de chacun d'entre eux[réf. nécessaire].
L'heure de vol du Rafale M se monte à 39 000 ¤, dont 30 000 ¤ pour le poste d'entretien. Ces chiffres sont rapportés par Stéphane Jézéquel dans le journal Le Télégramme de Brest, citant un rapport de la Marine Nationale.
Le 23 juillet 2007, deux Rafale M au standard F2 ainsi qu'un E2C Hawkeye, de la Marine nationale, ont apponté sur le porte-avions nucléaire américain USS Enterprise au large de Cannes. Les appareils ont ensuite été catapultés avec succès, mettant en avant l'inter-opérabilité entre les Rafale français et le système aéronaval américain. Le Rafale est donc le premier chasseur de conception française à pouvoir opérer depuis un porte-aéronef américain.
Notes et références [modifier]
↑ En 1975, selon le Parlement français, le coût total des programmes d'avions et de moteurs annulés de 1960 à 1975 se monte à environ 2 milliards de francs (soit 1,2 milliard d'euros au cours 2006). L'Assemblée nationale française estime dans un rapport no 2815 du 21 avril 1977 de la Commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des fonds publics alloués aux entreprises privées ou publiques de construction aéronautique que « au cours de la dernière décennie, l'État-major a fait preuve, en matière d'aéronautique militaire, d'une certaine irrésolution, qui explique les remises en cause successives de programmes d'avions d'armes »
↑ Claude Carlier, L'Aéronautique française 1945-1975, Lavauzelle, Panazol, 1983 (ISBN 2-7025-0034-X)
↑ De 1956 à 1975, l'armée de l'Air a connu 8 chefs d'état-major, soit une moyenne de deux ans et demi par titulaire du poste
↑ Selon Jacques Chirac, « la grande faiblesse de notre système, c'est que les chefs d'État-major ne restent que deux ou trois ans. C'est un système pervers. Chaque chef d'État-major arrive avec l'idée que ce qui a été fait par son prédécesseur est une erreur. Cela ressemble à une caricature, mais c'est la vérité. », cité dans Claude Carlier, Marcel Dassault : la légende d'un siècle, Perrin, Paris, 2002 (ISBN 2-262-01928-2)
↑ Pierre Marion, Le pouvoir sans visage : le complexe militaro-industriel, Librairie générale française, coll. « Le Livre de Poche », Paris, 1990 (ISBN 2-253-05541-7)
↑ Comme d'ailleurs pour l'OTAN depuis décembre 1960 avec le lancement de sa compétition BR-3 en faveur d'un aéronef ADAV ou ADAC, abandonnée en 1962
↑ L'aile en flèche est, à l'époque, la seule formule autorisant l'adoption de volets hypersustentateurs
↑ Conçu entre 1967 et 1969, le M53 démarre ses essais à partir du 18 juillet 1973 sur banc d'essai volant Aérospatiale Caravelle et les expérimentations à vitesse supersonique sur Dassault Mirage F1 le 22 décembre 1974. Dès le 16 mars 1973, le gouvernement français décide le lancement du Mirage F1 équipé du Snecma M53 en vue de la compétition européenne l'opposant au YF-16 américain. Finalement, ce réacteur, destiné aux Mirage F1, G8, 4000 et 2000 n'équipera que ce dernier et le F-16 sera choisi par 4 nations européennes. Des études exhaustives de l'histoire des moteurs Snecma par Gérard Hartmann sont à [lire en ligne]
↑ Un protocole d'accord franco-britannique signé le 17 mai 1965 à Londres concerne la construction d'un avion à géométrie variable Anglo-French Variable Geometry (AFGV) en versions de supériorité aérienne pour la France et de pénétration pour le Royaume-Uni... mais aussi une coopération sur l'avion d'attaque Jaguar et le supersonique commercial Concorde
↑ Un accord de décembre 1959 autorise Pratt & Whitney à prendre une participation de 10,9 % du capital de la Snecma, qui accède aux licences de fabrication de tous les turboréacteurs existants à l'époque. Il permet à celle-ci de travailler sur le TF-30 à double flux, devenant le TF-306 de 10 tonnes de poussée
↑ Pour des raisons financières, malgré le lot de seulement 60 appareils de série à l'horizon 1973
↑ Soit 2,19 milliards d'euros au cours 2006
↑ Y compris par AMD-BA, qui constate que le Jaguar M 05 est abandonné « suite aux limites opérationnelles de l'appareil sur porte-avion »
↑ Dénommé successivement Super Mirage III, Mini-Mirage (MiMi), Delta 1000 et Delta 2000
↑ Alors que le projet ACX donnait, à l'inverse, la priorité à l'attaque par rapport à l'interception
↑ Conseil de Défense du 12 décembre 1975
↑ En fait, le président de la République estime que le Mirage 2000 a plus de chances à l'export, ce qui sera vérifié. Une constante veut, en effet, qu'un avion de combat n'est commandé à l'export qu'après qu'il soit en service dans son pays d'origine. Étant donné que l'avion de supériorité aérienne n'interesse que les armées de l'Air de premier ordre et/ou dotées de budgets d'acquisition conséquents ou alors alliées de l'Occident (Royal Saudi Air Force, Iraqi Air Force), le Mirage 4000 ne pouvait être qu'une « niche », qui se restreindra. En premier lieu avec l'adoption dès 1975 par la Royal Saudi Air Force de 72 Panavia Tornado (au final 153), bien que, selon certaines sources, la RSAF aurait cependant financé le prototype Mirage 4000 puis de 153 F-15S Peace Sun IX suivis, dès 1976, par un nombre indéterminé de F-15I « Baz » pour la Israeli Air Force et enfin de 223 F-15J Peace Eagle par la Japan Air Self-Defense Force
↑ Hélène Masson, « Le JSF/F-35 en Europe : le prix du pragmatisme », dans Fondation pour la recherche stratégique, Annuaire Stratégique et Militaire 2004, Odile Jacob (ISBN 2-7381-1301-X) [lire en ligne]
↑ Outline European Staff Target (OEST) du 16 Décembre 1983
↑ European Staff Target for a European Fighter Aircraft (EST-EFA) d'octobre 1984
↑ La potentialité commerciale du réacteur M88 représente alors 5,6 milliards d'euros, valeur janvier 2006
↑ A noter que « Le général [Bernard, ndlr] Capillon pantoufle depuis 1987 à la tête de la SNECMA » révèle l'Humanité, Paris, (ISSN 0242-6870) (19 janvier 1991) [lire en ligne]
↑ « Par référence à l'Ouragan, le premier avion à réaction construit par Dassault, l'ACX fut baptisé Rafale, évoquant ainsi à la fois le souffle, le dynamisme et l'esprit de société », selon François Robineau, Rafale : les ailes du futur, Le Cherche midi, Paris, 1994 (ISBN 2-86274-355-0)
↑ Dont ce sera la dernière apparition publique
↑ En 1987, on évoque le retrait du Crusader en 1993 au plus tard tout en rappelant que le Rafale M ne sera pas disponible avant 1996, soit un trou capacitaire de 3 ans. En décembre 1989, le ministre de la Défense annonce un nouveau report de 2 ans de la livraison du Rafale M à fin 1998
↑ Selon le site French Navy, ces essais ont pour but d'étudier le champ visuel dont dispose le pilote lors de la manoeuvre d'approche et de l'appontage, ainsi qu'à analyser le comportement et la stabilité du prototype Rafale A lors des approches par l'arrière, c'est-à-dire dans les turbulences occasionnées par le sillage du porte-avions, qui concluront à une vitesse d'approche finale de 255 km/h (10 km/h inférieure à celle du Super-Etendard)et une incidence de 14,5° (pouvant aller jusqu'à 16°)
↑ L'US Navy, qui a désarmé 3 porte-avions, possède environ 80 F/A 18 Hornet disponibles immédiatement, y compris dans leur version reconnaissance, qu'elle se propose de vendre à la Marine nationale au prix imbattable de 206 millions de francs l'unité, pour un coût total d'1,7 milliards d'euros
↑ Plus tard, le 10 octobre 1995, le chef d'État-major de l'armée de l'Air Jean Rannou propose l'abandon du programme et est qualifié de « général d'opérette », un sobriquet dont on n'affuble pas le ministre de la Défense français Hervé Morin qui, le 10 puis le 17 septembre 2007, dénonce dans La Tribune « cet avion sophistiqué et difficile à vendre »
↑ Soit 8,65 milliards d'euros au cours 2006
↑ Rapport sur le projet de loi de finances pour 2002 no 3320, 11 octobre 2001, annexe n° 40
↑ Soit 177 millions d'euros au cours 2006
↑ Selon Jean-François Jacquier, « Une folie nommée Rafale », dans L'Expansion (ISSN 0014-4703) (30 octobre 1995) [lire en ligne]
↑ Acronyme pour la Direction des études et fabrications d'armement, renommée Groupement industriel des armements terrestres (GIAT) en 1973 avant sa privatisation partielle en 1990 sous le nom de GIAT Industries puis son changement d'identité en Nexter fin 2006
↑ Selon « Le Rafale, un champion incontesté de la polyvalence », dans Air & Cosmos hors-série (ISSN 1240-3113) (juin 2004). Par erreur, l'article mentionne encore certains armements déjà abandonnés par la France, pour des raisons déontologiques comme la bombe à sous-munitions BLG 66 Belouga dont le stock a été détruit entre 1998 et 2002 [lire en ligne] ou financières, comme le programme de missile Anti-navires futur (ANF) suspendu à la mi-2001 [lire en ligne]
↑ Projet de loi de finances pour 2006
↑ http://www.defense.gouv.fr/air/base/breves/2007/mars/15_03_07_premiere_mission_des_rafale_en_afghanistan
↑ http://www.netmarine.net/bat/porteavi/cdg/hist2007.htm
↑ http://www.defense.gouv.fr/air/base/breves/2007/decembre/accident_aerien__1
↑ Si la puissance militaro-diplomatique américaine a joué, sous la forme de packages inclus dans les Foreign Military Sales, a contrario, la vente de 12 à 18 avions au Maroc, qui semblait acquise puisque financée en partie par l'Arabie Saoudite, a échoué à la suite de manque de coordination entre la DGA d'une part, de Dassault Aviation d'autre part et de l'État-major de l'armée de l'Air française
Voir aussi [modifier]
Liste des avions militaires (XXIe siècle)
Eurofighter Typhoon et F-35
Liens externes [modifier]
Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Dassault Rafale.
Le Rafale sur le site officiel de Dassault Aviation
Le Rafale M sur un site consacré l'aéronautique navale française
Dossier sur le Rafale sur un site consacré à l'aviation militaire
Le rafale Le site de la Marine nationale
Armée de terre Marine nationale Armée de l'air
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Super Frelon - Dauphin - Panther - Lynx
Rôle Avion multirôles
Constructeur Dassault Aviation
Premier vol 4 juillet 1986
Mise en service 18 mai 2001
Date de retrait Toujours en service
Investissement 33 milliards d'euros pour la totalité du programme
Coût unitaire entre 47 et 50 millions d'euros
(53 pour le standard F3+)
Nombre construit
Équipage
1 pilote (monoplace) + 1 officier système d'arme (biplace)
Motorisation
Moteur Snecma M88-2
Nombre 2
Type turboréacteur avec post-combustion
Puissance unitaire 48,7 kN à sec, et 72,9 kN avec PC
Dimensions
[[Image:|275px|center]]
Envergure 10,9 m
Longueur 15,3 m
Hauteur 5,34 m
Surface alaire 46 m²
Masses
À vide Rafale C : 9 060 kg, Rafale M : 9670 kg, Rafale B : 9 800 kg
Carburant interne: 4 800 kg, externe: 4 800 kg
Avec armement 23 700 kg
Maximale 24 500 kg
Performances
Vitesse maximale 2 170 km/h (Mach 1.8)
Vitesse de décrochage {{{vitessemini}}} km/h
Plafond 16 750 m
Vitesse ascensionnelle 18 000 m/min
Distance franchissable haute altitude : 1 850 km
basse altitude : 1 090 km
Charge alaire {{{chargealaire}}} kg/m²
Rapport poids/poussée {{{poidspoussée}}}
Armement
Interne 1 canon GIAT de 30 mm
Externe 9 500 kg de différents types de missiles ou de bombes
Avionique
Voir la section concernée
